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Espaces métriques et espaces normés
Définition [Métrique]
Une métrique ou distance sur l'ensemble est une application
vérifiant:
(propriété dite inégalité triangulaire)
On dit alors que est un espace métrique.
Exemples:
Propriété:
Définition [Boules]
Si est un point de l'espace métrique et
, on appelle boule ouverte (resp. fermée) de centre et de rayon , l'ensemble des tels que (resp.
).
On appelle sphère de l'espace métrique de centre et de rayon l'ensemble des tels que .
Proposition
Si est un espace métrique , la famille de parties de dont les éléments sont les réunions arbitraires de boules ouvertes est une topologie sur . Cette topologie est appelée la topologie associée à la métrique.
Une partie d'un espace métrique est dite bornée si étant donné un point dans la distance de à pour dans est majorée par une certaine constante 1.1. Cela équivaut aussi au fait que la distance entre deux points quelconques de est bornée. C'est à dire que :
- si pour un point ,
est bornée, alors pour tout point ,
est bornée.
- si pour tout point
est bornée, alors
est aussi bornée.
Démonstration: La vérification est fastidieuse et ne présente pas de difficulté.
La notion de borné dépend de la métrique et pas de la topologie! C'est à dire que même si deux métriques sont topologiquement équivalentes (voir définition ) elles n'ont pas nécessairement les mêmes parties bornées. En fait pour toute métrique , on peut construire une métrique équivalente par
, telle que toute partie soit bornée.
Propriétés:
Dans un espace métrique, une partie est fermée si et seulement si elle contient la limite de toute suite convergente à valeurs dans cette partie.
Une boule ouverte est ouverte, et donc un espace métrique est séparé
Une boule fermée est fermée
Une sphère est fermée
Dans un espace métrique, une suite
tend vers si et seulement si tend vers 0.
Définition [Isométrie]
Etant donnés deux espaces métriques et , une application de dans est une
isométrie si
.
Définition [Métrisable]
Une topologie est dite métrisable si et seulement si il existe une métrique telle que la topologie soit associée à cette métrique.
Deux métriques et sont dites équivalentes si il existe et tels que
1.2, avec
.
Deux métriques sont dites topologiquement équivalentes si elles définissent la même topologie.
Soient deux distances et sur un espace ; alors l'identité de dans est un homéomorphisme si et seulement si et sont topologiquement équivalentes, et elle est lipschitzienne et d'inverse lipschitzien 1.3 si et seulement si et sont équivalentes.
Proposition [Existence de topologie non métrisables] Il existe des topologies , même séparées , non métrisables .
Démonstration: Il est clair que toute topologie non séparée n'est pas métrisable.
Considérons, pour avoir un contre-exemple plus intéressant, une topologie
séparée non métrisable. Ce contre-exemple fait appel à quelques notions qui seront définies ultérieurement, et peut donc être laissé de côté en première lecture.
Soit
, muni de la topologie produit .
Supposons que cet espace topologique soit métrisable.
Alors tout point est à base dénombrable de voisinage.
Soit une base de voisinages de 0.
Alors pour tout , contient un voisinage
de 0 (la fonction nulle de
dans
) de la forme
On considère alors l'ensemble des pour et
.
Cet ensemble est dénombrable comme union dénombrable d'ensemble finis.
Soit maintenant dans
n'appartenant pas à .
Alors
est un ouvert, qui n'est
manifestement inclus dans aucun .
Il est à noter que
convient aussi.
Proposition
Une topologie métrisable est entièrement caractérisée par les propriétés de convergence de suites.
C'est à dire que si pour deux topologies métrisables, les suites convergentes sont les mêmes et ont mêmes limites, alors ces deux topologies sont égales.
Démonstration: Il suffit de voir que l'on caractérise un fermé d'un métrique par le fait qu'il contient les limites de toute suite convergente d'éléments de . Donc les fermés sont caractérisés par les propriétés de convergence de suite, et donc les ouverts aussi par passage au complémentaire .
Proposition
Si deux distance et  sont équivalentes
alors et définissent la même topologie.
on peut avoir la même topologie sans avoir cette relation.
Démonstration: Le premier est facile, le second s'obtient en considérant
, avec une distance quelconque non bornée.
Il est intéressant de noter que même en ajoutant une condition à l'équivalence traduisant que l'on peut se limiter aux "petites" distances, on a un contre-exemple avec par exemple et qui définissent la même topologie sans être Lipschitz-équivalentes, même sur les petites distances.
On peut aussi noter que les pour sont Lipchitz-équivalentes entre elles, cela se montre par
Dans la suite
désigne un des deux corps
ou
muni de sa topologie usuelle.
Définition [Norme]
Soit un espace vectoriel sur le corps
, avec
ou
. Une norme sur est une application
de dans
vérifiant:
si et seulement si
, on a
on a
S'il ne manque que la première propriété, on parle de semi-norme.
On appelle vecteur unitaire un vecteur tel que
.
Un espace muni d'une norme est appelé espace normé ou espace vectoriel normé.
Dans un espace normé une série
est dite normalement convergente si
converge.
Enfin une définition nécessitant la notion de continuité (définie ultérieurement): on appelle isomorphisme de l'espace vectoriel normé dans l'espace vectoriel normé une application linéaire continue bijective de réciproque continue (c'est à dire qu'il s'agit d'un morphisme algébrique (i.e. au sens des espaces vectoriels ) et d'un homéomorphisme).
Exemples:
Sur
, les applications suivantes sont des normes:
-
- pour réel ,
Un peu plus difficile: sur
, les applications suivantes sont des normes:
-
-
Propriétés:
La norme est convexe.
Définition [Distance associée]
Etant donnée une norme on définit une distance associée par
Définition [Normes équivalentes]
Deux normes
et
sur un même espace vectoriel sont équivalentes si il existe
tels que
Théorème
Deux normes sont équivalentes si et seulement si elles définissent la même topologie.
Démonstration: L'une des deux implications résulte de . L'autre s'obtient facilement, l'une des deux inégalités après l'autre, en constatant qu'une boule de centre 0 et de rayon pour l'une des normes contient une boule pour l'autre norme.
Notes
- ... constante1.1
- La notion est indépendante du point
choisi, grâce à l'inégalité triangulaire.
- ...\space 1.2
- On dit aussi que
et sont Lipschitz-équivalentes.
- ... lipschitzien1.3
- Une application est dite bilipschitzienne si elle est lipschitzienne et d'inverse lipschitzien.
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